| Le poker en France |
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| Écrit par Club Poker Chelles |
| Jeudi 29 Octobre 2009 00:31 |
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D'une certaine manière, le « Poker » existait déjà en France avant le Poker d'origine américaine, sous la forme de jeux qui utilisaient déjà des enchères et des combinaisons. Glic, Primero, Gilet, Flux, Brelan, Bouillotte ont insufflé un « esprit poker » pendant des siècles, depuis l'arrivée des cartes en Europe, à la fin du XIVe siècle. Le Brelan donne l'exemple d'un « Poker ouvert » puisque les combinaisons des joueurs incluaient la « retourne », cette carte face visible à la fin de la première donne. L'ancêtre du « flop » du Texas hold'em, en quelque sorte. Le véritable Poker américain est arrivé en France au moment où il s'est vraiment diffusé aux Etats-Unis, c'est-à-dire au moment de la Guerre de sécession (1861-1865). La première trace du Poker dans un livre français serait celle de Bonneveine, Académie des Jeux (Delarue 1865). Ce sont les voyageurs qui ont importé le Poker en France : marins, commerçants internationaux, diplomates. Si l'on en croit un manuel de 1900 (Poker et Baccara de Joseph Poupault), chaque fois que des joueurs de Bouillotte s'essayaient au Poker, ils l'adoptaient immédiatement. Ce qui explique que la Bouillotte ait totalement disparu juste avant la Deuxième Guerre mondiale. En Poker comme dans d'autres domaines, il y avait une « exception française ». Les cartes étaient données dans le sens anti-horaire, ce qui aurait horrifié n'importe quel Yankee. Mais aussi, comme dans le reste de l'Europe, les seules enchères possibles étaient les « no limit » en « table stakes » : aucune limite à la relance en-dehors des jetons présents sur la table. Le Poker s'est imposé en marge de la société : dans le « milieu », auprès de la bourgeoisie, même auprès des grands de ce monde. En 1906, un détective fameux du nom d'Eugène Villiod publie La machine à voler, manuel technique à l'usage des joueurs qui explique comment une bande organisée arrive à « essorer » des pigeons grâce à des tricheries particulières : ordres de cartes, signes, cartes marquées, etc. Mais jusque dans les années 1970, le Poker n'a jamais été autorisé dans les cercles ni dans les casinos. Contrairement au Chemin de fer (baccara à un tableau), qui sévissait depuis de décennies dans les casinos, et qui a donné lieu à de nombreux témoignages à propos de bancos d'André Citroën et de l'Agha Khan, le Poker est resté l'apanage des parties privées. Le cinéma nous en montre un bel exemple dans le film Sénéchal le magnifique (Jean Boyer, 1957) avec Fernandel. Dans son film Le Roman d'un tricheur (1936), Sacha Guitry en fait aussi une démonstration. Le Poker ouvert « Stud à 5 cartes » est apparu en France quand il commençait à décliner aux Etats-Unis, c'est-à-dire dans les années 1950. Il a été largement popularisé par le film Le Kid de Cincinnati, film de Norman Jewison sorti en 1965. Mais jusqu'à 1995 environ, le poker le plus joué dans l'Hexagone était le « Draw », c'est-à-dire le bon vieux poker fermé de papa. Les parties privées les plus exigeantes pratiquaient le poker fermé « à relance immédiate ». Si vous voulez relancer, vous devez le faire dans les deux secondes. Au-delà, vous perdez votre droit à la relance et vous ne pouviez que passer ou coller. La relance immédiate a handicapé des milliers de joueurs français pendant des années, au profit de joueurs particulièrement doués qui pratiquaient l'attaque à tout va. Mais elle a été impossible à appliquer quand les premières parties de Texas hold'em sont apparues. Ce jeu exige dans certains cas une telle réflexion qu'il y avait incompatibilité. Ce jeu, appelé aussi « Vegas » en France, est apparu à la fin des années 1980 dans certaines parties, puis s'est répandu lentement. Il s'est accompagné de l'Omaha, et d'une version plus « flambeuse », le Courchevel, encore appelé « Ligne » : chaque joueur reçoit 5 cartes, une retourne apparaît et arrive le 1er tour d'enchères. Le flop est complété et arrive le 2e tour d'enchères. Le coup se termine comme un Omaha classique, avec 5 cartes en main au lieu de 4. L'Omaha, jeu nettement plus actif que le Hold'em, a été popularisé en France par la victoire inattendue d'un Français aux World Series Of Poker (WSOP) en 1989. Cette année-là, Gilbert Gross s'est adjugé un titre en Omaha. Encore aujourd'hui, ils sont trois à avoir gagné un bracelet WSOP, les deux autres étant Claude Cohen en 1997 et. Patrick Bruel en 1998, respectivement en Omaha limit et en Hold'em limit. Si le premier festival de poker américain a eu lieu en 1970, les premiers tournois internationaux européens datent de 1990. Cette année-là, le « Festival Of Poker » du Victoria Casino de Londres et le « PokerEM » (Europeanischer Meisterschaft) de Casinos Austria ont eu lieu. Ils ont inauguré une longue série de festivals qui n'épargne quasiment aucun pays. En France, il a fallu attendre 1990 pour voir le premier Championnat de France, organisé par l'association des « Amis du 52 ». La manifestation, qui a réuni jusqu'à 300 joueurs, a eu lieu 4 fois de suite. 1995 est une année importante car elle voit l'ouverture de la salle de Poker du cercle Aviation Club de France (ACF). Dès le départ, les premiers tournois internationaux français se sont déroulés sur la plus belle avenue du monde. C'est aussi l'ACF qui accueille l'unique étape européenne du World Poker Tour (WPT) depuis 2002. Quant à l'European Poker Tour (EPT), son étape française se déroule à Deauville depuis 2005. Cette étape préfigure l'expansion inexorable du Poker dans les casinos français. La France n'ayant pas autorisé l'ouverture des casinos en ligne du fait du monopole des jeux défini par la loi, il n'existe aucun site de Poker en ligne français. La loi dite « de prévention de la délinquance », qui devrait entrer en vigueur courant 2007, affirme cette prohibition et interdit toute publicité pour un site de jeux en ligne. |




